Depuis le premier camp les membres de la Belle Toile ont choisi d’accueillir des enfants porteurs de handicaps ou de difficultés particulières qui leur barrent l’accès aux camps de vacances traditionnels.

C’est une volonté de notre part d’accueillir dans nos camps des enfants et des moniteurs venant de milieux variés, et au vécu riche de leurs expériences ; chacun est porteur de ressources et de difficultés qui représentent un peu la diversité de notre société. Ainsi, dans notre camp, des enfants aux vies "ordinaires" (si une vie peut vraiment être ordinaire !) partagent le quotidien des enfants avec un handicap physique, psychique, mental, social ou encore des maladies chroniques. L’avantage de cette intégration à large spectre est de pouvoir accueillir des enfants porteurs de handicaps ou de difficultés avec leurs frères et sœurs. Les parents peuvent ainsi nous confier les fratries et se "restaurer" un peu pendant ces quelques semaines.

Nous emmenons chaque année une soixantaine d’enfants, âgés de 4 à 12 ans. Leur grand nombre ainsi que la diversité des âges offre un cadre mixte où chacun peut trouver sa place de manière plus fluide que dans un groupe homogène. Ainsi lquart d’entre eux qui présentent une difficulté particulière, plus ou moins visible et encombrante, sont intégrés presque naturellement.

Un des éléments qui permet cette intégration positive réside dans le fait que la majorité des enfants viennent plusieurs années consécutives (et plusieurs finissent par revenir après comme moniteurs !) ; ils se connaissant entre eux, intégrant des valeurs comme l’entraide, le respect, le partage, l’amitié, ils initient les nouveaux. La guidance par les pairs est souvent bien plus porteuse qu’un discours d’adulte. Cette grande salade russe d’enfants représente une occasion pour ceux porteurs d’un handicap de vivre une expérience d’intégration valorisante et stimulante ; pour les autres, c’est une opportunité de s’enrichir tant au niveau des connaissances des différences que de l’apprentissage de l’entraide et de la solidarité. A ceci s’ajoutent les moments précieux de relation sincère et réciproque dont tous les acteurs de ce camp peuvent se nourrir.

Le contexte de la vie en plein air, qui sort chacun de ses habitudes est aussi facteur d’intégration, chacun devant apprendre des nouvelles règles et comportements. Dans ces situations, on se rend compte que chacun, grâce à ses différences, a des faiblesses et des points forts, que nous avons tous nos petits handicaps. Les défis sont là pour chacun : maîtriser sa peur de l’orage, des araignées, ou s’accommoder d’une douche un peu froide, de s’asseoir dans la terre, manger des nouvelles choses peuvent être des objectifs de développement au même titre que pour certains porteur d’un handicap apprendre de nouveaux mots, rester assis tout un repas, partager un jeu, ne pas taper…

Pour accompagner ces enfants et leur intégration, certains de nos moniteurs sont au bénéfice d’une formation dans le domaine de l’éducation spécialisée. Et c’est également l’occasion pour qui en a envie de se former à des prise en charge spécifiques, comme : préparation alimentaire et gestion des régimes (PCU, diabète, cœliaque) médication : injections, administration de médecines lourdes (traitements psychotiques, HIV, PCU, diabète, allergie) Manipulations physiques : mettre des atèles, apporter l’attention nécessaire aux membres insensibles accompagnement psychologique

Ainsi, au cours des dernières années nous avons reçu des enfants porteurs des handicaps ou affections suivantes : HIV, PCU, diabète, trisomie 21, syndrome 22Q13, autisme profond, IMC, psychose, dépression, troubles du comportement, poliomyélite, hémiplégie, cécité, surdité, Enfants fragilisés par leur contexte de vie : divorce, venant de foyer, orphelin, ayant un/des parents souffrant de troubles psychiques, d’alcoolisme ou de toxicomanie, de difficultés psycho-sociales, incarcérés.